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Mausolée de Tiéfo Amoro au Burkina : Un site à découvrir en touriste ou en pèlerin
mardi 21 septembre 2021

Étymologiquement, le nom du village est « Noumoudaga ». Dans la langue dioula, « noumou » signifie forgeron et « daga », village. « Noumoudaga » est ainsi le « village des forgerons ». Durant la période coloniale, les occidentaux l’ont appelé « Noumoudara » et finalement c’est ce qui est connu du grand public.
Dans ce village situé à la sortie de Bobo-Dioulasso, sur la nationale 2, se trouve le mausolée de Tiéfo Amoro, de son nom d’Etat-civil Amoro Ouattara, mort en 1897. Il tire ce surnom de son ethnie, les « Tiéfo ».

Tiéfo Amoro est un grand chef de guerre dans la région ouest de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso). Compte tenu de son parcours, le ministère de la Culture a érigé ce mausolée en sa mémoire en 2006, nous apprennent les guides.

Dans ce mausolée, il y a naturellement la tombe de Tiéfo Amoro. C’est l’occasion pour les guides de rappeler aux visiteurs la nuance entre un mausolée et un mémorial. Lorsqu’il y a la tombe, on parle de mausolée ; le contraire donne un mémorial, précise Gaston Dao, un ami et assistant d’un guide, qui donne un coup de main lorsqu’il y a beaucoup de visiteurs.

Un lieu sacré

C’est une tombe souterraine. Tout visiteur est obligé de se déchausser avant d’effectuer sa décente. La tombe de Tiéfo Amoro se trouve dans une chambre bien espacée et assez bien éclairée.

Une statuette en métal représente un homme vêtu d’une tenue traditionnelle, coiffé d’un chapeau et décoré de médailles et d’objets culturels. Il s’agit de Tiéfo Amoro. Tout au long du mur, on peut lire les 52 noms des villages qui constituaient le canton de Noumoudara. « Lors de la construction du mausolée en 2006, nous avons creusé et retrouvé le corps intact. Le ministère de la Culture nous avait demandé d’enlever le corps pour aller déposer dans le cimetière de Sikassossira et les vieux ont dit non. Si on enlève le corps, ce n’est plus un lieu sacré », raconte Siaka Ouattara, un guide, l’ami de Gaston Dao.

En plus de la tombe, le site revêt une certaine sacralité dont le secret est connu des seuls pratiquants. « C’est un lieu sacré pour ceux qui le désirent. Vous pouvez prêter serment peut-être pour votre travail. Je veux que telle chose s’exauce dans ma vie. Si effectivement ça se réalise, je viendrai vous saluer avec quelque chose. Même si c’est 5 francs, on peut revenir donner les 5 francs. La prière se fait à voix basse, les guides ne doivent rien entendre. C’est vous, votre cœur et la tombe », détaille Siaka Ouattara.

Un tambour à base d’une peau humaine

En plus de la tombe, on trouve dans ce mausolée, des objets de la culture de Tiéfo et surtout des objets qui permettent aux visiteurs de connaître davantage celui qui a fait la fierté de son village et son pays. Ce sont les objets de la vie courante. Il y a, entre autres, une flèche, un carquois et un fusil de guerre.

L’un des patrimoines marquant de ce site est le tambour de Tiéfo Amoro. Confectionné en 1890, ce tambour ne sort qu’à l’occasion d’une guerre ou à l’occasion de l’intronisation du chef. « En plus de ces événements, le tambour ne sort qu’une seule fois dans l’année : la veille de la fête du ramadan, le dernier jour du jeûne. C’est un tambour sacré. Il a été confectionné avec de la peau humaine. C’est la peau des esclaves capturés lors des guerres ». Il s’agit uniquement des esclaves récalcitrants, précise Siaka Ouattara, qui en profite pour donner un rapide cours d’histoire.

Jusqu’aujourd’hui, la peau de ce tambour n’a pas été renouvelée, indique le guide. Et cet instrument contient des interdits. « C’est aussi un tambour pour les dames qui ont des difficultés pour enfanter. Elles peuvent prêter serment et revenir dire merci ». Avec sa qualité sacrée, ce tambour est interdit aux femmes. Elles ne doivent pas le toucher. « Si une dame touche, elle peut faire des règles continues. Et il lui sera impossible d’avoir des enfants », prévient Siaka Ouattara.

Par curiosité ou prudence, des visiteuses du jour ont voulu savoir le sort réservé à celle qui touche ce tambour par inadvertance. Le guide leur répond qu’il y a des sacrifices à faire. En la matière, ce sont les notables qui sont chargés de dire ce qu’il faut fournir pour ce sacrifice.

Le son du tambour, à en croire notre guide, s’entend jusqu’à dix kilomètres à la ronde. Et tout initié distingue l’événement à partir du son qu’il va entendre.

La trahison, chute de Tiéfo Amoro

Selon Félix Ouattara, un autre guide et père de Siaka Ouattara, la coutume est perpétuelle chez eux. Le dépositaire de la culture Tiéfo revient sur l’épopée de son peuple. C’est la bravoure du peuple Tiéfo et surtout celle de son guerrier Tiéfo Amoro qui aurait marqué leur histoire. « Lors de la bataille de Noumoudara en 1897, s’étant rendu compte qu’il a perdu la guerre, au lieu d’être le prisonnier de Samory Touré, il [Tiéfo Amoro] a préféré se donner la mort et on l’a enterré ici. C’est en hommage à cette bravoure que ce mausolée a été érigé », raconte-t-il.

Mais au cours de cette bataille, Tiéfo Amoro aurait tué le fils de Samory Touré (surnommé le conquérant de l’Afrique de l’Ouest) et sa tombe est à Noumoudara, à en croire le vieux Ouattara.

Il précise les circonstances de la chute de Tiéfo Amoro face à Samory Touré. Et comme il fallait s’y attendre, il y a eu une trahison. « Il a pu venir à bout de Tiéfo Amoro suite à la trahison de sa propre femme. C’est pourquoi nous les Tiéfo, nous n’avons jamais confiance aux femmes », une déclaration qui a décrispé l’atmosphère. Hommes et femmes présents au cours de la visite ont éclaté de rire.

L’histoire des Tiéfo est très peu connue. C’est un groupe ethnique de la région ouest du Burkina Faso. Un peuple composé essentiellement des forgerons, de cultivateurs et d’agriculteurs. Mais sous l’ère de Tiéfo Amoro, il y avait une armée qui avait livré plusieurs batailles qui ont marqué l’histoire du pays. Un patrimoine culturel à découvrir.

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net





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