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Tourisme : « Le Burkina Faso est toujours un endroit où il fait bon vivre », dixit Nelson Congo, directeur de l’ONTB
lundi 17 juin 2019

Lefaso.net : Présentez-nous succinctement votre structure.

Nelson Congo : L’ONTB est une institution implantée depuis 1989. Il a pour mission principale, la promotion du tourisme. Quand on en parle, il faut le situer sur ces multiples principaux angles. Il s’agit de la promotion de la destination et le développement du tourisme interne. L’ONTB est dirigé par un directeur général. Il est assisté par trois directions techniques.

Par ordre alphabétique, d’abord, il y a la Direction de la coopération et du partenariat. Ensuite, nous avons la Direction du marketing et de la communication. Enfin, il y a la Direction des sites et structures touristiques. En plus de ces trois directions techniques, il y a des directions que je peux qualifier de financières. Il y a la direction qui s’occupe des engagements des marchés financiers de l’État. Son action est capitale.

L’activité quotidienne des directions concourent à la réalisation de l’objectif principale. C’est celui de la promotion du tourisme. Tenez-vous bien, quand on parle de promotion du tourisme aujourd’hui, il ne faut pas être un peu réducteur dans sa façon de voir la chose. Le tourisme est un mot aux activités transversales. Nous jouons le même rôle que lefaso.net. Nous gérons le portail du Burkina Faso. Le tourisme d’affaires, c’est dans le domaine du commerce. Le tourisme dans d’autres typologies embrasse tous les autres secteurs de développement.

Vous travaillez donc pour une bonne visibilité du pays. Alors quelle est l’importance du tourisme pour un pays comme le Burkina Faso ?

Quand vous parlez de l’importance du tourisme au Burkina Faso, c’est de lapalissade. Le tourisme, je ne peux que dire deux ou trois points importants. D’abord, il faut voir le tourisme comme un facteur de lutte contre la pauvreté. Depuis pratiquement 15 années, je crois que les politiques publiques se sont attablées sur cet élément-là. C’est quand on a fini avec la lutte contre la pauvreté, on est passé à la SCADD. Aujourd’hui, nous sommes avec le PNDES. On est toujours dans ce qui est l’économie de développement.

Deuxièmement, il faut voir le tourisme comme un mode de création d’emplois. Quand vous regardez les statistiques, la balance de paiement du Burkina Faso est tirée vers le haut. Quand vous faites un regard analytique de la balance de 2018, vous vous rendez compte que la balance de paiement du Burkina Faso est tirée vers le haut grâce au tourisme. D’ailleurs, nous sommes attendus au niveau de PNDES par rapport à ce volet-là. C’est de créer de l’emploi à partir du secteur touristique. On peut trouver une autre raison qui fonde l’importance du tourisme. Il nous permet la conservation de nos ressources culturelles. Quand on met en pratique le tourisme durable, on rentre sans le savoir dans les principes du développement durable.

Le développement durable sous-entend que nos ressources, on doit les gérer tout en nous développant. Nous devons penser aux générations futures. Quand on emmène les gens à revivre leurs pratiques culturelles, quand on interpelle les gens par rapport à ce qu’ils étaient hier à travers l’organisation des festivals, à travers l’organisation des salons, cela maintient cet esprit de l’économie de développement. Il y a une idée encore plus précise que ça qui veut que tout développement dont nous faisons la promotion passe par les valeurs humaines. Le tourisme nous plonge et nous maintient dans le développement humain et durable. Cela est si cher au PNUD.

Aujourd’hui, le Burkina Faso fait face à l’insécurité. Quel est l’impact du terrorisme sur votre secteur ?

Cette question d’insécurité, je préfère commencer par vous dire qu’elle n’est pas spécifiquement burkinabè. C’est un problème sous-régional. Vous voyez que les pays où on pensait que tout était stable et rose commencent à être secoués. Il y a le Bénin. Je crois même que dans la semaine, le Ghana a commencé à faire parler de lui avec des enlèvements d’étudiantes canadiennes. Donc, c’est d’abord un problème de la sous-région pour ne pas dire un problème mondial. Il frappe partout, ça agresse partout. Cela fait de la communication pas du tout intéressante. Mais au sujet de notre pays, il y a d’abord la diminution drastique des arrivées de touristes.

Quand on prend la situation de 2013 à 2017, on voit vraiment que cette baisse tourne autour de 30%. C’est au niveau du tourisme récepteur. Mais, je profite vous dire qu’au niveau du tourisme interne dont nous faisons la promotion, on a aussi une promotion de 29%. C’est pour dire que quand les deux se superposent, c’est comme si l’impact pour le moment est nul. L’autre impact, il faut avoir le courage de le dire, des établissements hôteliers et touristiques ont fermé. Il y a une perte d’espoir. La dernière fois, j’ai patronné une conférence.

On a eu droit au témoignage de monsieur Rodrigue Kaboré dont l’activité principale est le domaine de la chasse. Il dit que, régulièrement, ils ont des appels d’annulation de programmation. Donc nous avons nos guides que le ministère a formés en 2013 qui s’étaient vraiment lancés dans le but de redorer le blason dans leur façon de travailler. Mais, ces guides sont dans un désespoir total au point qu’ils ont changé même de métier. Les difficultés sont réelles.

Le terrorisme n’est pas le seul frein au bon fonctionnement du tourisme burkinabè. Il y a certainement d’autres problèmes.

Il y a d’autres difficultés. C’est la question de l’accessibilité de nos sites. On peut dire que ce sont des questions d’aménagement en général. Aujourd’hui, les choses sont allées très vite avec l’avènement des technologies. L’information se propage à une vitesse vertigineuse. Ça fait qu’on a tendance à adopter une posture qui est celle du tourisme comparé. Ce qui se passe en France, on veut le voir au Burkina Faso ici. Ce qui se passe aux États-Unis, on veut le voir en Espagne. Le Burkinabè veut vivre ce qui se passe ailleurs. Donc, l’un de nos défis, c’est l’aménagement et l’accessibilité de nos sites. C’est-à-dire que même sans les difficultés inhérentes à l’insécurité, aujourd’hui, cela fait partie des difficultés qui freinent l’industrie touristique au Burkina.

Il y a un autre défi. Je l’appellerais même le défi de la qualification des acteurs. J’ai parlé tout à l’heure du développement des technologies de l’information et de la communication. Il faut que les acteurs du tourisme, c’est-à-dire les promoteurs hôteliers, les promoteurs des agences de voyage, les promoteurs des campings et autres, il faut qu’ils s’alignent sur ce nouveau mode de vie. Combien de nos acteurs touristiques peuvent aller chercher du financement sur les sites ? Combien de nos hôteliers sont sur booking.com ?

Il y a ces défis auxquels il faut faire face. Un hôtelier français ou espagnol peut aller chercher ses sous. S’il a ses projets, il les met sur une plateforme. Quand on parle du niveau des acteurs, ce n’est pas pour attaquer qui que ce soit. C’est pour dire qu’à l’heure actuelle, on n’a pas le choix dans la mondialisation. Ou bien on accepte, ou bien on disparaît. Il y a un autre défi que je constate et qui cause de sérieux problèmes. C’est la prolifération dans le secteur des hôtels. Il y a des établissements qui font une concurrence déloyale aux hôtels. Il y a des gens qui vous proposent des villas. Quand ce sont des villas de ce genre, on te propose 30 000 francs par jour.

Le monsieur ne paie pas de taxes. Il n’est même pas reconnu par les structures officielles. Ça blesse le secteur et c’est décourageant. Ce que j’avais dit aussi, c’est la question de la digitalisation. Il faut que les acteurs diversifient leurs actions. Ce n’est pas pour critiquer, mais des agences sont spécialisées uniquement que pour le Hadj. Il ne faut pas que ça soit uniquement des agences pour la billetterie.

Quelles sont vos solutions palliatives aux différents problèmes que rencontre le secteur ?

L’insécurité n’est pas le principal mal. Avant l’insécurité, le secteur avait mal. Nous étions à la croisée des chemins. Pour ce qui est de l’insécurité, le premier défi est communicationnel. Tout le monde le sait bien. Quand on a peint votre pays en rouge, négativement, il y a des problèmes. L’école de Francfort avait fait des critiques sur les médias de masse : on savait qu’un jour ou l’autre, les plus forts allaient créer une communication négative.

C’est pour cela que l’UNESCO, qui défend les valeurs des minorités, avait déjà dit de faire attention. Sinon la couleur qu’on a donnée à notre pays n’est qu’une coloration personnelle et politique. Je préfère vous le dire. Notre destination est toujours fréquentable. Le Burkina est toujours un endroit où il fait bon vivre. On peut prendre mes propos comme ceux d’un simple directeur général. Mais, je défie quiconque que le Burkina est un pays fréquentable.

Nos festivals se tiennent sans problème. Nous avons organisé le Fespaco. Les chiffres sont là pour montrer les différentes nationalités qui sont venues. Elles ont passé plus d’une semaine ici. Elles sont reparties saines et sauves. Il y en a même qui se posent des questions. Où est la zone rouge ? J’ai cité le Fespaco. Nous avons organisé le Siao où nombreux ne vendaient pas cher la peau burkinabè. Mais, il s’est passé sans problème.

Le festival des masques de Dédougou s’est bien passé. De grandes rencontres se tiennent à Ouagadougou. On aura le groupe des cinq qui seront à l’hôtel Splendid. Cette semaine, il y aura un rassemblement de tous les acteurs de l’UEMOA pour la mise en place d’un réseau des institutions touristiques. J’ai encore des lettres d’invitation du 12 au 14 juin pour un colloque international de l’université de Ouagadougou. Cela va réunir tout un ensemble de sommités étrangères pour parler de culture et les enjeux de nouvelles approches du domaine. Le Burkina continue d’être un endroit fréquentable.

En plus, l’ONTB participe à des formations pour l’image de son tourisme. Nous venons de rentrer d’une mission où nous avons été en Côte d’Ivoire. Nous avons été encore une fois appréciés. On a vu que les gens continuent d’aider le Burkina et des promesses sont faites pour visiter le Burkina.

Au niveau national, un projet a été mis en place. C’est ce qu’on appelle « Connais-tu ton beau pays ? » Le projet intéresse d’abord les Burkinabè. C’est un projet qui a été conduit depuis 2013. On continue le travail. On était même à l’université de Ouagadougou. Les étudiants me posaient des questions surprenantes. On me demande pourquoi on peut avoir de si beaux trésors et on n’est pas au courant. Le projet organise des colonies de vacances.

C’est une stratégie d’ouverture qui intéresse les Burkinabè et les Burkinabè vivant à l’extérieur. Il y a encore l’exploration de nouveaux marchés avec la diaspora. En Côte d’Ivoire, avec le Sita, on a vu un projet qui a été mis en place. On l’appelle Diaspora Faso. Le projet va aider notre diaspora à s’organiser pour venir visiter les sites ici. Après la Côte d’Ivoire, on a le Mali, le Ghana ou on n’a pas moins de 6 millions d’âmes.

Le projet va aller au Gabon, au Canada. Ça va donner de la force à nos bureaux. Est-ce que vous êtes au courant que la Chine veut émettre un milliard de touristes dans le monde ? Il faut que nous ayons une partie de ce milliard-là. L’Inde est l’un des pays les plus peuplés au monde. Notre destination les attire pour plusieurs raisons. Il y a le Canada… Voilà un peu notre stratégie. Il fut un moment dans notre pays où il y avait de grandes conférences. La Côte d’Ivoire a compris cela. Toute l’année, il y a des événements.

Notre pays est découpé en treize régions administratives. Alors que peut-on visiter au Nord par exemple ?

C’est une très bonne question. Mais, dans notre milieu, nous ne voyons pas la chose de la sorte. Nous avons notre logique de séquences du secteur touristique en rapport avec notre territoire administratif. Cette logique-là ne respecte pas le découpage administratif statutaire que nous avons au Burkina Faso. Nous avons essayé de diviser le pays en quatre zones touristiques. Quand vous parlez du Nord, il se trouve dans une zone qu’on appelle le Sahel. Les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel font parties d’une même zone touristique.

La grande zone de l’Est, ce sont les régions de l’Est et du Centre-Est. Nous avons le Centre. La région du Centre touristiquement parlant prend en compte le Centre, le Centre-Ouest, le Centre-Sud. Enfin, il y a la zone de l’Ouest avec la Boucle du Mouhoun, les Hauts-Bassins, les Cascades et puis le Sud-Ouest. Donc je peux vous dire que dans le pays en général, nous avons de fabuleux sites touristiques. Je vous dirais que nous avons plus de 1 080 sites. Dans les 1 080, vous pourrez, au niveau du Centre, voir par exemple 413 sites. Ça c’est ce qui est exploitable déjà. La région de l’Ouest compte 216 sites et la région du Sahel, 229 sites. À l’Est, vous avez au moins 222. C’est tout ça qui fait les 1 080 sites. Ce qui fait la spécificité du tourisme burkinabè, il est naturel, spécifique et multiple.

Concrètement, si nous partons au Sahel, que pouvons-nous y visiter ?

Si vous partez au niveau du Sahel, vous avez les mosquées de Barani, vous avez la marre et les dunes de sable d’Oursi. Voilà, vous avez les habitations propres aux peuples de cette région qui sont des Songhays, qui sont des Peuls, qui sont des Maransés qui sont des Warawaras… Il y a tout un ensemble de choses à visiter au niveau de cette région.

Le pays dispose donc de plusieurs sites touristiques. Quels sont les plus emblématiques ?

Ah ! Voilà une question très intéressante. Partout au Burkina Faso, vous avez des sites emblématiques qui attirent vraiment les touristes. On peut citer à tout hasard, le site de Loango créé il y a bientôt 30 ans. Il est devenu vraiment un site majeur. Si vous êtes à coté de Loango, n’allez pas loin, il y a le musée de Manega. Il y a aussi le parc animalier de Ziniaré. Réellement, la zone du Plateau central ne demande qu’un petit effort d’organisation pour être ce qu’on appelle un pôle de compétitivité touristique. Il y a les dômes de Fabedougou. Il y a les Cascades de Karfiguela. Je reste encore dans ce petit élément pour citer le lac de Tingrela et 40 km un peu devant, il y a les piques de Sindou.

Toujours en progressant là-bas, il y a les ruines de Lorepeni. Ce n’est qu’une répétition qui ne dit pas son nom. C’est un patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009. C’est une ruine en tout cas particulière dans le monde. Vous pouvez voir le sanctuaire Djan de Obiré qui reçoit régulièrement des visiteurs, malgré la distance qui sépare ce lieu de la capitale. À Gaoua, le musée des civilisations. À Bobo, vous avez le village en altitude Kôrô qui est un site spectaculaire, la grande mosquée, le musée senoufo. Vous avez le mausolée Djimbi-Ouattara et même le mausolée Tiefo-Amoro à 25 km de Bobo-Dioulasso. Sans oublier Nianssogoni qui est un site pratiquement entre trois pays (Mali, Burkina et Côte d’Ivoire), mais le site est sur notre territoire.

À Ouagadougou, nous avons le musée national. Nous avons des cours royales qui sont spectaculaires. La cour du Moro Naaba avec le faux départ dont la renommée a traversé les frontières continentales. Voilà autant de sites...

Si vous êtes en face d’un potentiel visiteur du Burkina Faso, que lui diriez-vous pour le convaincre de venir chez nous ?

Là, vous demandez de mettre en condensé notre plan marketing. Je vous dirais qu’on a de nombreux éléments de conviction quand on est en face d’un touriste pour l’amener à visiter notre pays. La première des choses, il faut qu’on reconnaisse que nous avons des valeurs sociales et humaines légendaires. Pour n’importe quelle stratégie communicative ou communicationnelle qu’on va adopter, le touriste, par la promesse ou du moins la preuve de la promesse que les autres ont déjà vécue, il ne peut pas y résister.

Il y a tout un ensemble de nos plans culturels. On a beaucoup de manifestations. Il y a le Fespaco. Nous sommes un pays unique en matière de cinéma. On a les grands noms du cinéma africain. Tous les grands cinéastes se rencontrent ici en cette période. Il y a le Siao qui est aussi un très grand salon qui se confond aussi avec une foire parce que tout se pratique sur le même site.

Il y a les Nuits atypiques de Koudougou qui ont pris un renom. Je dirai imposant au fil de ses éditions. Donc nous pourrons, en tout cas, nous appuyer sur ces éléments pour convaincre un quelconque touriste. Il y a nos infrastructures hôtelières. Ces derniers temps, malgré tout ce qu’on dit, je vous assure qu’il y a un travail énorme qui se passe dans le secteur. Nous avons une capacité d’accueil aujourd’hui qui tourne autour de 253 hôtels au Burkina Faso. Les auberges sont encore plus nombreuses avec un chiffre de 284 à peu près. Il y a des relais des campings. Ça aussi on en a. C’est pour dire qu’au Burkina Faso, nous pouvons réserver plus de 22 000 lits.

Aujourd’hui, le tourisme cynégétique a pris un gros coup avec l’avènement du terrorisme. Quelles sont vos relations avec les concessionnaires des campements de chasse ?

Il faut reconnaître que les concessionnaires de chasse sont des acteurs du tourisme. Ça, c’est indéniable, c’est patent, c’est réel. Ce qui fait que les gens font un peu la confusion, c’est parce que ils ne prennent leur titre d’exploitation au niveau du ministère en charge du Tourisme, mais au niveau du ministère de l’Environnement. Mais nos relations sont séculaires pour ne pas dire historiques. L’ONTB vient du ministère de l’Environnement.

C’est pour dire que le tourisme, à sa naissance même, a été au niveau du ministère de l’Environnement. Quand vous regardez le logo de l’ONTB, je crois qu’il y a une corne. Elle est indicative. Donc nos rapports sont cordiaux. Ils ont un autre établissement public de l’État comme l’ONTB qui leur donne des informations et l’accompagnement nécessaire. C’est l’Office national des aires protégées.

Depuis un moment, le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) vit dans une polémique quant à sa raison d’exister. Que devient-il ?

Il faut reconnaître que le SITHO fut une trouvaille intéressante et efficace pour la promotion de la destination. Il n’y a pas que les nationaux et la presse nationale qui se préoccupent de cette manifestation tardive du SITHO. Même quand nous sommes un peu à l’extérieur, on nous pose la même question. Quand est-ce le SITHO sera organisé pour que nous visitions encore votre beau pays ?

Sans compter qu’il y a d’autres même qui ne se gênent pas pour dire que c’est grâce à votre SITHO que nous avons su comment on organise un salon quelconque au profit de notre destination nationale. Dans la marche du SITHO, il était arrivé un moment où il fallait concentrer une réflexion, où il fallait faire appel à une dialectique efficace par rapport à l’organisation de cette structure. C’est pour cela que les plus hautes autorités du pays ont décidé de marquer un arrêt pour mener cette réflexion. Tout ce que je peux vous dire, c’est que la réflexion a été menée et on est en train d’envisager des palliatifs. Mais, le but c’est d’accroître davantage la destination Burkina Faso.

Nous allons revenir sur l’accessibilité des sites qui pose un véritable problème. En plus de cela, il y a des sites qui manquent d’entretien.

C’est une très bonne observation que vous faites. Mais il y a des mécanismes pour ne pas dire des systèmes dans le secteur touristique qui sont ignorés du public lambda. L’ONTB, à travers les politiques, les grandes orientations qui lui ont été définies et données par le ministère, s’occupe de la promotion. Les sites n’ont pas la même histoire. Quand je prends par exemple Barani, c’est l’œuvre d’un individu qui est devenu un patrimoine national.

Il est bien vrai qu’il revient à l’État, à partir du moment où il profite du travail d’un individu, de l’appuyer. L’État doit l’aider à organiser, doit l’aider à rendre encore plus attrayant son joyaux, mais cela demande des concertations. C’est la même chose avec le parc animalier de Ziniaré où le président Blaise Compaoré avait été quelqu’un qui avait une certaine vision par rapport au secteur. Aujourd’hui, on se rend compte que Loango, le parc animalier, le Mausolée d’Oubri, le musée de Manega allaient former ensemble un pôle de compétitivité. Mais le parc reste quand même aussi une initiative privée. Nous, au niveau de l’ONTB, c’est vraiment notre préoccupation. Notre souci, c’est de voir comment rendre d’avantage pittoresque notre destination.

Aujourd’hui, l’actualité culturelle et touristique demeure la probable inscription des sites de métallurgie ancienne au patrimoine culturel de l’UNESCO. En quoi cela est important pour notre tourisme ?

Je vous dirais que le tourisme n’est pas un secteur isolé. Le tourisme tire son existence de l’intérêt national. Donc la question d’abord, c’est de voir en quoi l’inscription d’un site dans un système du patrimoine mondial est un avantage. Il faut reconnaître que l’acte d’abord est un objet de reconnaissance internationale pour notre pays, un objet de positionnement diplomatique, un objet même de sécurité de notre tourisme.

Pourquoi quand Ansardine a attaqué la mosquée de Tombouctou, leurs ennemies n’étaient plus le Mali. Mais, c’était le monde entier à travers l’UNESCO. C’est pour vous répondre tout de go que l’inscription d’un site en réalité est un acte même de souveraineté. Les citoyens doivent se lever pour accueillir. Les sites qui ont été inscrits au niveau du patrimoine mondial de l’UNESCO, acquièrent automatiquement un label international. Même quand je parlais d’ISO, je ne crois pas qu’une norme ISO puisse s’égaler en termes d’équivalence à ce label patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ça nous fera le troisième objet après 2009 à Lorepeni, 2017 au niveau du parc d’Arly. Si nous gagnons une troisième inscription au patrimoine mondial, je vous dis que ça peut être une bonne source pour notre tourisme. On pourra rapidement rattraper notre voisin la Côte d’Ivoire. Je crois qu’ils ont quatre dont deux sont mêmes inutilisables après la guerre. Ça nous relance en tout cas à plus d’un titre.

Notre entretien est arrivé à son terme. Auriez-vous un mot sur un point qu’on n’a pas pu aborder ?

Peut-être des doléances. Vous êtes un média d’une certaine crédibilité. Un média qui a aujourd’hui une certaine puissance en termes d’audimat et d’audience, surtout le canal électronique. C’est-à-dire le canal numérique qui est l’objet, le canal par lequel vous passez pour atteindre le public. Ce que nous allons vous demander, c’est de nous accompagner à embellir notre destination parce que le défi communicationnel intéresse tous les citoyens et les acteurs de tous les domaines au Burkina Faso. C’est par vous que l’on voit la couleur rouge sur notre carte. Si par exemple vous refusez de publier cette carte, qui la verra ?

La dernière fois, j’ai dit à un colloque que la France est restée la première destination mondiale en 2018 avec 90 millions de visiteurs, 6 millions au niveau de la Tour Eifel, 12 millions à Notre-Dame de Paris, malgré ce qui s’est passé là-bas. C’est pour dire qu’à chaque 4 secondes, il y a un visiteur à Notre-Dame de Paris. Combien de francs la personne laisse ? C’est pour vous montrer la place du tourisme dans l’économie nationale et mondiale. Avec le mouvement des Gilets jaunes, on ne sait pas quelle couleur on va peindre au niveau de la France. Pourtant on a peint le Burkina en rouge…

Mais vous avez remarqué que pendant ces agitations, il fallait être une presse disposant d’un système de communication toxique pour pouvoir savoir ce qui se passe. Même France 24, les medias français ne faisaient pas cas de ça. Ce sont les réseaux sociaux avec les activistes. C’est par eux qu’on pouvait avoir l’information. Mais ici, c’est nous-mêmes qui sommes les premiers à montrer la petite image sombre qui se passe dans notre case noire africaine. Donc c’est pour dire que tout le monde doit reconsidérer sa manière de faire. Je parle même aux forces de défense.

Le touriste qui en train d’aller à Laongo, on l’arrête quelque part entre Ziniaré et Ouaga, on lui dit : vous partez où ? Que je pars à Laongo, que vous êtes fou ? Vous n’avez pas appris ce qui s’est passé là-bas hier ? Vous n’avez pas appris ? Vous n’avez pas les nouvelles du pays ? Alors que non, toi-même qui parles, tu pars rendre visite à tes parents à Riwiguinda (village), tu pars rendre visite à tes parents à Toulfé et tu reviens.

À ma prise de service ici, j’avais parlé d’une pédagogie du tourisme. C’est maintenant que je comprends que le concept est réel parce que j’en vois les contenus. Il faut une éducation touristique pour la population burkinabè, et c’est les médias qui sont une solution pour ce coup.

Entretien réalisé par Dimitri OUEDRAOGO
et Bonaventure Paré
Lefaso.net





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